Horror Stories

Fissure

auteur : Driller_killer

publiée le 2021-05-05 17:23:29

PSYCHOLOGIE, MUTILATION


Je savais que je ne pouvais pas compter sur elle, qu’elle allait partir un jour. C’est pour ça que j’ai fait ça. Mais que voulez-vous. Quand on aime, quand on espère… Quand on pense que tout va changer.
Quelle conne. Moi. Pas elle. Après tout, si ça marche pour elle, si elle est heureuse comme ça, c’est son problème, pas le mien. Qui suis-je pour vouloir la changer, finalement ? Ne serait-ce pas de ma faute après tout, ce silence ?
Je l’ai appelée, sans cesse, durant trois jours et trois nuits, après l’incident. Mais rien. Vide absolu. Néant. Dans mon âme, dans mon bide, dans mon coeur.

J’aurais peut-être dû y aller moins fort. Moins cogner. Moins secouer. Moins lacérer. J’aurais dû jeter mon cutter avant qu’elle n’entre dans ma chambre. Avant qu’elle n’ouvre la bouche dans une pathétique tentative d’explication sur son envie de me quitter. J’aurais dû savoir qu’en la voyant, la rage prendrait le dessus. J’aurais dû me retenir.
Son petit cou, entre mes mains. Son petit corps, doux, se vidant doucement de son sang. Il formait des petites rivières noires sur son ventre, ses cuisses, ses seins,sa chatte.
Le cutter avait encore de la chair sanguinolente, ancrée sur la lame acérée, quand je l’ai jeté par la fenêtre. Et j’avais mal. J’avais mal putain !

Je suis tombée inconsciente après ça, trop d’émotions. Puis, quand je me suis réveillée, plus personne. Juste son sang sur le parquet, et le silence. Je ne sentais même plus son odeur particulière, de vieille lavande défraîchie, comme dans la penderie de chez mamie. Je ne distinguais plus son âme.
Et moi, j’avais toujours aussi mal. Partout. Mais surtout dans mon coeur. Elle était partie.

Elle avait été ma meilleure amie, si longtemps. Depuis ma plus tendre enfance, à vrai dire. Nous étions inséparables. L’école avait vu notre amitié grandir de plus en plus. Mes parents n’aimaient pas trop mon amie. Ils détestaient quand je parlais d’elle. J’imagine qu’ils étaient jaloux que mon attention aille en dehors du cercle familial. Fille unique, vous comprenez ?
Elle venait toujours chez moi, le matin pour faire la route de l’école ensemble. Le soir, pour me raccompagner. Parfois même elle restait et on jouait toutes les deux dans ma chambre, durant des heures, jusqu’à ce que ma mère vienne gueuler qu’il était temps de dormir, ou de manger, ou de faire les devoirs.
Plus tard, quand nous étions adolescentes, ça a été plus loin. Elle restait dans ma chambre, dans mon lit. Nue. Et nous nous carressions, longuement, passionnément. C’est avec elle, elle seule, que j’ai connu mes premiers émois. Mes premiers orgasmes. Sa peau si douce, sein contre sein. Nous nous aimions…

Puis, adulte, alors que mes parents m’empêchaient de quitter la maison, elle s’est faite de plus en plus pressante. Elle voulait que je la suive, loin, très loin. Pour ne plus jamais revenir, et vivre notre amour au grand jour. Ce que j’ai refusé, trop apeurée par ma famille. Trop besoin d’eux aussi, je crois. Après tout, ils ne voulaient que mon bien. Je me devais de leur obéir, d’accepter leurs leçons de morale. Leurs médicaments aussi.

Tous les jours, j’avais une tonne de pilules différentes à prendre. Pour mon bien, disaient-ils. Ils ignoraient que durant des années, je les recrachais sitôt mises en bouche. Et durant des années, mon amie n’a rien dit, souriant à chaque fois que mes pilules atterrissaient dans la cuvette des toilettes. Elle riait encore plus quand mes parents me tendaient le pilulier, sachant le tour que je leur jouais. Elle leur tirait la langue et je me retenais de rire.

Elle me manque putain. Depuis l’incident, mes parents ne me laissent plus une minute sans surveillance. Je ne peux plus la chercher, l'appeler. Ils me suivent, vérifient mes pansements, écoutent à ma porte, tous les soirs.
Je devrais de nouveau arrêter ce traitement. Pour la revoir…


Driller_killer
2021-05-06 13:29:05

Merci Maritza ! Tes avis sont tjrs les bienvenus !!!

Maritza
2021-05-05 18:00:40

C'est pas mal du tout ♥.♥ On aurait pu "creuser" un peu plus. Des corps nus oh... nan allez jusqu'à la fin ça me tient en haleine, donc c'est bien ! Beau travail !